L'histoire

L'histoire

Grâce aux clefs de voûtes qui marquent l’avancement des travaux, les dates des étapes de la construction sont connues. Le chantier fut ouvert en 1450 par le chœur ; celui-ci fut achevé après 1506, le transept vers 1525 et la nef vers 1589 ; 1621 voit l’achèvement des meneaux de pierre des huit dernières baies. Le dernier chantier qui restera longtemps ouvert est l’édification de la tour, largement inspirée de celle de Saint-Rombaut à Malines.

Les édifices antérieurs

C’est en suivant la tradition que Sainte-Waudru fut édifiée à partir de l’est, du chœur, en 1450. L’ouverture de ce chantier nécessita la démolition de l’église Saint-Pierre (entre Saint-Germain et Sainte-Waudru) et celle de l’église Sainte-Waudru romane ; cette dernière fut démontée au fur et à mesure de l’avancement des travaux, le chapitre et les fidèles autorisés à fréquenter cette église ne se trouvant jamais privés de leur lieu de culte. Le chapitre de la Toison d’or tenu à Mons en 1451 déroula donc ses travaux dans le chœur de la vieille église romane, partiellement démoli à cette époque.

En fait, l’actuelle collégiale est le troisième, sinon le quatrième édifice du culte bâti à cet endroit, car on peut conjecturer que le premier oratoire établi sur la colline était très petit, conforme à la tradition mérovingienne, et peut-être en colombages. Les chanoinesses, pour justifier la démolition de l’église précédente, la qualifiaient, au milieu du XVe siècle, d’« informe et grossière ».

Le projet de la collégiale actuelle

les finances

Les débuts de la construction furent financés par les aumônes (dès 1452, le chapitre de Sainte-Waudru obtint l’autorisation pontificale d’accorder des indulgences à ceux qui participeraient à l’œuvre par leurs offrandes). Les chanoinesses elles-mêmes organisèrent des collectes en ville, avec l’aval du Magistrat communal, et aussi dans l’église. Plusieurs d’entre elles y allèrent généreusement de leurs deniers personnels.

Philippe le Bon lui-même prit des dispositions favorables à la nouvelle construction.

L’avant-projet

Un premier projet concernant des travaux au chœur et à la trésorerie fut proposé en février 1449. A ce moment, l’évêché de Cambrai est averti de l’imminence de grands travaux et des voyages d’investigations sont organisés.

Les chanoinesses, dont plusieurs assisteront à toutes les réunions de chantier et suivront avec attention l’évolution des travaux, se font une idée personnelle des modes de construction ; elles visitent des monuments qui peuvent servir de modèle ou de source d’inspiration. Elles se déplacent en kar dont on paie le careton (cocher) et sont accompagnées de fonctionnaires du chapitre.
Le 31 janvier 1450, le bailli du chapitre reçoit le serment, en tant que maître des ouvrages, de Jean Spiskin pour les grands travaux à venir. Spiskin visite alors diverses églises qui peuvent l’inspirer lorsqu’il dressera les plans de la nouvelle Sainte-Waudru : Tournai, Lille, Grammont, Bruxelles, Louvain et Malines (on notera que trois villes du duché de Brabant y figurent).

Dès ce moment, il apparaît que le choix se précise : une église de type brabançon a la préférence des chanoinesses.

Le chantier de la collégiale

1450

Parallèlement à la démolition de l’ancienne église romane, les travaux de terrassement et de construction de la nouvelle se poursuivent jusqu’au mois de novembre, le chantier étant fermé durant l’hiver.

1451

Au printemps 1451, les travaux reprennent : en grès à l’extérieur, tandis que s’élèvent déjà des piliers en pierre d’Ecaussinnes. Mathieu de Layens, désigné par le chapitre de Sainte-Waudru, dirige effectivement le chantier (tandis que pour l’hôtel de ville, il sera conseiller épisodique des échevins).

1457-1458

Mathieu de Layens surveille l’édification. Il ne participa qu’aux travaux du chœur de Sainte-Waudru car il mourut en 1484. Au cours des siècles, beaucoup d’autres le remplacèrent qui, toujours, suivirent les plans initiaux, conservant ainsi une remarquable homogénéité à l’édifice.

Vers 1502

Les chapelles absidiales, le déambulatoire, le chœur et la nouvelle trésorerie (l’actuelle sacristie, correspondant à quatre travées du déambulatoire) sont terminés et pavés en carreaux d’Ecaussinnes.

1521

Cette année est importante pour ce chantier : ce qui subsiste de l’église romane est alors démoli ; elle était donc beaucoup plus courte que l’église gothique dont l’année 1519 inaugure les travaux de la nef et des collatéraux

Quatre travées de la nef sont édifiées enssuite et couvertes d’escailles (ardoises) ; il apparaît donc que l’église était construite par « tranches » complètes des piliers aux voûtes et à la charpente, aussitôt couverte d’une toiture : la protection du gros œuvre était assurée, les baies étant fermées par les remplages et les vitraux dans un second temps.

1558 – 1621

En 1558 débute la construction des voûtes barlongues des trois dernières travées de la nef, soit vingt-sept ans après la fin des quatre précédentes. Des pierres d’Ecaussinnes sont été livrées pour la construction des arcs augifs, en août 1558 ; en 1589, soit encore trente et un ans plus tard, la voûte est enfin terminée. Les baies n’en restent pas moins béantes : c’est entre 1610 et 1621 que seront taillés les meneaux des huit fenêtres correspondant à ces quatre dernières travées. C’est de la pierre bleue d’Arquennes qui servit pour ce dernier travail. Les carriers qui fournirent des matériaux au long chantier de Sainte-Waudru furent évidemment multiples pendant ces deux siècles.

Réparations et restauration de la collégiale

La première intervention sera justifiée par l’incendie du clocheton de la croisée lors du siège de 1691. Le tremblement de terre de 1692 ajoutant aux dégâts précédents, des travaux de restauration s’échelonneront de 1691 à 1696.

Pendant la période révolutionnaire, Sainte-Waudru faillit subir le sort de l’église Saint-Germain (vendue comme bien national et démolie à partir de 1799). Grâce à Germain Hallez, directeur de l’Académie des Beaux-Arts, Sainte-Waudru fut sauvée. Le bâtiment servit à divers usages avant d’être rendu au culte en 1802.

Une première restauration générale, qui était une remise en état de « fonctionner », date du rétablissement du culte en 1802. Les restaurations et les « embellissements » vont se succéder au XIXe siècle.

Au XXe  siècle, Sainte-Waudru connut les bombardements de 1940 et une première restauration de sauvegarde aussitôt la guerre terminée. La rénovation complète des maçonneries extérieures, de la toiture, des gables branlants, des gargouilles vacillantes, des verrières échancrées dura huit années, de 1976 à 1984.

Christiane Piérard

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