Les matériaux

Les matériaux

La diversité des matériaux ajoute à l’ensemble un élément coloré. Le choix des pierres s’explique ici, comme à l’hôtel de ville contemporain, commencé en 1458. En règle générale, encore à la fin du Moyen Age, la pierre, matériau noble et durable, était réservée aux bâtiments publics (églises, hôtels de ville, halles), tant civils que religieux et aux constructions défensives (murailles et portes des fortifications urbaines).

 

De grès

A Mons, la roche la plus couramment utilisée jusqu’au XVe siècle est le grès de Bray, matériau aux tonalités chaudes, jaunâtre, ocré, rosé. Les murs de Sainte-Waudru, du chœur à la nef, ainsi que les contreforts sont en grès de Bray extrait des carrières de Stambruges et surtout de Saint-Denis, de Bray et de Gottignies. On en extrayait aussi sous le domaine capitulaire à Nimy et à Maisières ou sur des terres  » amies « , tels les villages dionysiens Obourg et Saint-Denis.

C’est une pierre dure, résistante, souvent travaillée à la boucharde. Le grès se laisse difficilement sculpter ou moulurer ; les consoles du chevet sont toutefois travaillées dans cette matière.

 

De petit granit

L’autre pierre, employée dès 1451 dans les parties hautes, les remplages des fenêtres, les pinacles, les arcs-boutants, les gargouilles, partout où le matériau doit être finement taillé, ciselé, sculpté, biseauté, est la pierre bleue, dite petit granit, extraite à Ecaussinnes, à Feluy, à Arquennes et plus tard, à Soignies. La majorité des pierres bleues de Sainte-Waudru, tant pour l’extérieur que pour les piliers, les arcs, les arcatures aveugles, les résilles de l’intérieur, proviendront d’Ecaussinnes dont plusieurs maîtres de carrière seront associés aux projets et aux préparatifs préliminaires à la construction. Ce type de pierre porte généralement la marque du tailleur, du tâcheron, du maître de la carrière (plus de 50 différents).

Partout dans la ville, le grès semble abandonné aux abords du XVIe siècle. Pourquoi ? Problème d’exploitation, épuisement de certains bancs, coût élevé dû à la difficulté d’extraction, peut-être. De toute évidence, la pierre bleue a la cote dès le XVIe siècle.

L’emploi simultané des deux matériaux se limite aux XVe et XVIe siècles ; encore faut-il tenir compte de remploi de grès provenant de démolition.

 

De bois, d’ardroises et de plomb

La charpente est couverte d’ardoises : ainsi, le regard passe du pavé irrégulier de la chaussée périphérique au grès ocré de Bray, accentuant l’aspect robuste des murs, au gris bleu de la pierre calcaire et au noir irisé des ardoises.

En 1521, on utilise le plomb à la place de la pierre (ardoise ?) au faîte du toit. Le zinc apparaît à la fin du XIXe siècle et peu à peu remplace le plomb utilisé dans la construction des corniches et des arêtiers car la soudure y était aisée.

 

De fer

Vers 1775, les meneaux de pierre de la grande fenêtre du croisillon sud furent remplacés à la demande des chanoinesses, à l’affût de matériaux nouveaux, par des meneaux de fer. A notre connaissance, il s’agit de la première intervention de ce matériau – contemporaine de son utilisation initiale en Angleterre – dans l’architecture montoise.

Christiane Piérard

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