Le grand orgue

Le grand orgue

Présentation

Le grand-orgue de la Collégiale est le plus complet de la province du Hainaut.

Bien que la valeur historique de la partie instrumentale soit négligeable du fait de son hétérogénéité, on retiendra l’harmonisation soignée de Maurice et Georges Delmotte qui confère à l’orgue de Sainte-Waudru une superbe sonorité parfaitement digne du somptueux édifice dans lequel il chante. Il est aussi bon de remarquer que c’est dans sa forme actuelle que cet orgue a l’existence la plus longue. Il a été apprécié par les plus grands organistes français tels que Pierre Cochereau, Jean Guillou, Jean-Jacques Grunenwald et plus récemment Jeanne Joulain et Bruno Strangis.

Historique des orgues de Sainte-Waudru

Le buffet monumental de style Louis XVI fut à l’origine, conçu pour l’abbaye cistercienne de Cambron-Casteau, vers 1780 par Ermel, facteur d’orgues montois.
Il contenait un instrument de style classique français de 49 jeux répartis sur quatre claviers manuels et un pédalier. Cet orgue qui était déjà constitué en partie de tuyaux de l’instrument précédent datant de 1693 (facteur : Matthieu Le Roy – le grand-orgue étant devenu positif et le positif étant devenu écho après intervention d’Ermel), ne servit que très peu de temps à Cambron. En effet, en 1783, l’Empereur Joseph II supprima l’abbaye ; cette suppression fut exécutée « manu militari » le 22 février 1789. L’orgue fut vendu et remonté en l’abbaye de Coudenberg à Bruxelles, qui supprimée également, avait été transformée en paroisse. Le Conseil du Hainaut ayant rétabli l’abbaye de Cambron le 17 décembre 1789, l’Abbé obtint que soit reconnu inconstitutionnel et annulé, tout ce qui avait été fait depuis l’expulsion des religieux. C’est ainsi que les grandes orgues dont on terminait le remontage à Bruxelles, furent à nouveau démontées et reprirent la direction de Cambron. L’occupation française mit fin à l’existence du monastère, mais l’orgue fut sauvé et remisé. Lorsque la Collégiale Sainte-Waudru fut rendue au culte après la furie, elle était dépouillée de ses ornements et de ses orgues (il s’agissait d’un petit instrument situé sur le jubé de Du Broeucq).

Dès 1804, l’idée fut lancée de racheter le grand orgue de Cambron et en 1807, le contrat fut signé. La réception eut lieu le 28 mars 1811 : le facteur Ermel chargé des travaux, avait ajouté une bombarde à la pédale, augmenté l’espace entre les deux buffets et avait amélioré l’alimentation en vent de l’instrument.

Dès 1822, l’orgue dut être restauré, les tuyaux tombant les uns sur les autres et la soufflerie jugée insuffisante. On constata que l’orgue avait été « mal relivré ». C’est Louis Fétis (oncle du célèbre musicien François-Joseph Fétis) qui fut chargé de cet ouvrage.

En 1834, Pierre-Jean et Henri De Volder restaurèrent l’orgue renouvellement de la soufflerie, les claviers désormais au nombre de 3, passèrent à 54 notes et certains jeux aigus furent remplacés par de plus graves. Une boîte d’expression fut placée et les anches du grand-orgue furent remplacées par un semblant de batterie : basse de clairon, dessus de bombarde, trompette en basse et dessus. En outre, ils remplacèrent la voix humaine par un dessus de hautbois 8. Au positif, ils ajoutèrent un cornet et s’engagèrent spécialement à améliorer l’abrégé de ce clavier. En ce qui concerne l’écho, ils remplacèrent la doublette par une quarte de nazard, la tierce par un dessus de montre, la fourniture par un cornet V et la voix humaine par un hautbois ; ils renouvelèrent aussi le dessus de flûte. A la pédale, les De Volder adaptèrent un système pour que la bombarde qui était en fait la basse de ce jeu au grand-orgue, puisse parler séparément, ce qui nécessita de nouveaux secrets pour ce jeu.

Dès 1844 pourtant, Auguste-Joseph Rifflart restaura l’instrument. Dans son devis, il est question de « faire » parler une grande quantité de tuyaux qui ne chantent plus depuis très longtemps. Rajuster les anches à une grande quantité de tuyaux de trompette, de clairon, de hautbois, de cromorne et de bombarde. Raccommoder, ressouder les corps de ces tuyaux qui sont défectueux. Faire jouer les mouvements des mécaniques … qui s’accrochent entre eux et font chanter les notes sans les toucher … ».

En 1864, Désiré Cordier effectua des réparations urgentes et fournit une nouvelle soufflerie. En 1875, l’orgue fut restauré par Charles Anneesens de Grammont : renouvellement de la soufflerie, amélioration de l’harmonisation des jeux de montre et bourdon 16′, restauration de la tuyauterie.

Entre 1920 et 1930, un facteur de second ordre démantela totalement l’instrument d’origine : il vida et détruisit en partie le buffet du positif et plaça un orgue pneumatique tubulaire de 25 jeux répartis sur 2 claviers et pédalier dans le buffet monumental. Pour permettre à l’organiste de voir ce qui se passait dans le chœur, il n’hésita pas à amputer la façade du positif d’un tuyau sur deux.

Cet instrument ne possédait que des jeux de fonds et d’anches de 16, 8 et 4′ sans la moindre mixture, le registre nommé « fourniture » appelant en réalité le dessus de bombarde 16 du grand-orgue.

Sans citer de nom, l’ingénieur liégeois L. J. Alexis en fit une critique acerbe dans la revue « Musica Sacra » de septembre 1931, donnant pour titre à son article : « La grande pitié de nos orgues ».

Peu de temps après ces travaux, Emile Debacker était nommé organiste titulaire. Très vite, il se rendit compte de la pauvreté et du mauvais fonctionnement de l’instrument. A force de persévérance, il parvint à faire admettre le principe d’une reconstruction complète suivant les goûts du moment et l’évolution de la facture d’orgues.

En 1952, Maurice Delmotte construisit l’orgue actuel en conservant les rarissimes jeux anciens ayant échappé au massacre des années vingt. Il dut malheureusement enlever la montre 16 du grand buffet qui, devenue lépreuse, tombait en miettes.

Il fut béni par Monseigneur Himmer en présence de la Reine Elisabeth, le dimanche 21 décembre 1952 à 15 heures ; aux claviers se succédèrent Emile De Backer (titulaire) et Maurice Guillaume (prix de virtuosité du Conservatoire de Bruxelles), tandis que les œuvres vocales étaient interprétées par les petits chanteurs de St-Laurent de Paris et la « Royale Union » de La Bouverie.

Le titulaire des orgues de Sainte-Waudru

Né à Nivelles en 1958, Bernard Carlier prend des cours de piano dès l’âge de 5 ans. Agé de 12 ans, il devient organiste paroissial. Après ses humanités gréco-latines, il opte résolument pour l’orgue et entre à l’Institut de Musique d’Eglise et de Pédagogie de Namur. Il aura pour professeurs d’orgue, Sœur Elisabeth Emond qui l’initiera aux principes de la musique ancienne et Firmin Decerf, élève de Pierre Cochereau, qui lui fera découvrir l’orgue symphonique et l’improvisation.
Après trois années de formation instrumentale, vocale, théorique et pédagogique, il entre au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles. Son professeur d’orgue est Léopold Sluys, un des plus brillants disciples de Flor Peeters. En un an, Bernard Carlier glane les premiers prix d’orgue, d’harmonie écrite et d’harmonie pratique. Deux ans plus tard, il obtient le diplôme supérieur d’orgue.
Après plusieurs années de professorat, il est nommé directeur de l’Académie de Musique de Mont-sur-Marchienne.
Organiste de diverses paroisses et se produisant régulièrement à l’abbaye de Maredsous, il est nommé par concours titulaire du grand orgue de la Collégiale Sainte-Waudru à Mons en 1992.
Il s’est produit en soliste dans la plupart des grandes églises de Belgique, ainsi qu’en France et en Espagne.
Il a également participé à plusieurs concerts au sein de l’Orchestre National de Belgique et se produit régulièrement avec divers ensembles vocaux orchestraux.
Son répertoire s’étend depuis les baroques jusqu’aux modernes, mais avec une préférence marquée pour les écoles romantico-symphoniques belge et française.
Membre administrateur de l’Union Wallonne des Organistes, il œuvre particulièrement à la (re)découverte des auteurs belges méconnus.
Enfin, il est expert en facture d’orgues pour les instruments des 19ème et 20ème siècles.

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