La Sainte

La Sainte

La femme

Voilà treize siècles que Waudru n’est plus de ce monde et pourtant Mons ne porte pas le deuil de sa sainte. Car, aux yeux de la cité hainuyère, la grande dame vit toujours aujourd’hui : quand, le dimanche de la Trinité, sort la procession du Car d’Or, ses reliques font l’objet d’une réelle vénération. Et la ferveur de la procession se double d’une expression bien vivace, la veille, lors de la cérémonie de la « descente de la châsse », quand les participants se pressent dans la collégiale. Ils retrouvent là des gestes traditionnels en cherchant à toucher les reliques de leur sainte.

Waudru, c’est donc une femme, un culte, des reliques et une procession.

De Waudru, nous savons peu de choses, mais suffisamment pour que le « curriculum vitae » du personnage ait pu asseoir solidement une réputation.
Née au début du VIIe siècle, elle est issue d’une famille riche, noble et influente. Son père est un homme de confiance du roi Clotaire II. Elle voit le jour à Cousolre, dans le nord de la France ; elle a une sœur, Aldegonde.

La destinée de Waudru, c’est le mariage et la maternité. Mais, épouse du noble Madelgaire (Vincent) et mère de quatre enfants (Aldetrude, Madelberte, Landry et Dentelin), elle opte, comme Vincent, pour une autre vie. Car elle désire consacrer son existence à Dieu. En cela, elle est de son temps, de ce VIIie siècle qui vit éclore tant de saints, dans un contexte de renouveau spirituel.

Voilà donc Madelgaire parti vers Hautmont, puis à Soignies. Pendant ce temps, Waudru se retire dans un oratoire sur la colline qui devait devenir Mons. Waudru va devoir maîtriser une difficile opération de « conversion » qui doit la conduire de la famille vers la vie monastique. Les obstacles seront nombreux mais Waudru réalisera sa vocation. Son oratoire deviendra monastère, puis chapitre noble : le petit lieu de culte va se muer en une puissante institution qui, bien que disparue aujourd’hui, reste celle qui modela le visage de Mons.

Dès sa mort, traditionnellement fixée au 9 avril de l’an 688, Waudru est proclamée sainte. Car, à l’époque, on ne connaît pas encore les longs procès de canonisation qui sont aujourd’hui d’application dans tous les cas.
C’est la vox populi qui proclame alors la sainteté, et le corps de Waudru est élevé au-dessus de l’autel, devenant objet de dévotion. Sa réputation de sainteté va rapidement se propager, encouragée par une vita rédigée au début du IXe siècle.

Il faut bien comprendre ce qu’est une vita : ce n’est pas une biographie, mais bien une légende, littéralement un texte écrit pour être lu. Le moine qui rédige ce texte veut souligner en quoi la vie de Waudru est exemplaire, en quoi elle est un modèle de sainteté à imiter. A cette fin, il ajoute aux événements et au caractère de son héroïne, quelques anecdotes édifiantes, liées surtout à la période où Waudru cherche à réaliser son idéal de vie monastique.

 

Le prénom

Le prénom Waudru semble n’avoir jamais obtenu le succès auquel la popularité de la sainte lui aurait permis de prétendre. Entre le milieu du XVIe et la fin du XVIIIe siècle, on relève à peine un pour cent des filles ainsi prénommées. Et, au fil du temps, la mode s’estompa. Aujourd’hui, rares sont les fillettes auxquelles est conféré ce prénom.

H. Wattiez et E.Liénard

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Des pendentifs et porte-clés
a l’effigie de sainte Waudru.

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Le culte de Waudru