|
Relevant également de la sculpture, les nombreuses
pierres tumulaires - épitaphes et mémoriaux
- disséminées dans toute la collégiale
témoignent-elles aussi de l'excellence des "
ymagiers " montois.
Parmi ceux-ci, seul a pu être identifié
Guillaume le Cat, auteur du " taulet " de
Lancelot de Bertaimont, mort en 1418, où ce dernier,
présenté par sainte Catherine, est figuré
en armure, agenouillé et mains jointes, devant
une Vierge à l'Enfant. Les autres stèles
funéraires de la troisième chapelle du
collatéral nord datent, elles aussi, de la première
moitié du XVe siècle et prouvent l'existence
d'une école montoise de tailleurs de pierre.
La Trinité, représentée par Dieu
le Père t enant
la croix du Fils et lui insufflant son Esprit, figure,
identique, dans les Mémoriaux des époux
Peissant de la Rocques et des époux de Bruxelles-Nockarde.
Dans le premier, sont également présents,
outre les défunts et leur fils, saint Jean et
saint Nicolas ; dans le second, ce sont saintes Barbe
et Agnès qui recommandent les défunts.
Le "taulet" des Dronghelen, dans cette même
chapelle, représente, parrainées par leurs
saints patrons,
Alix et Henriette Dronghelen, chanoinesses de Sainte-Waudru,
en prière devant la Vierge à l'Enfant.
Parmi
les autres pierres sculptées, il convient de
citer, en raison de ses qualités propres et parce
que sainte Waudru y est figurée, entre saint
Christophe et saint François, le Mémorial
de Christophe Noël (décédé
en 1560) et de Françoise Corbault, situé
au pied du bas-côté sud. Cette stèle,
si elle s'inscrit à la suite des formules traditionnellement
adoptées à Mons pour ce type de monument,
présente des motifs décoratifs renaissants,
tels des cuirs et des cartouches chantournés,
qui la distinguent de la production locale antérieure.
Signalons parmi d'autres le couvercle du Sarcophage
d'Alix de Namur, épouse de Baudouin IV de Hainaut,
décédée en 1169, qui rappelle que
Sainte-Waudru servit d'église funéraire
aux comtes de Hainaut.
(Michel De Reymaeker - 1992)
|