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La
lecture iconographique de cet autel permet une double
interprétation : la première y voit sainte
Waudru accompagnée des saintes Aye et Aldegonde
visitant le chantier de l'ermitage que lui édifia
son parent, saint Hydulphe ; la seconde y décèle
une représentation de Marie de Hongrie, sur
de Charles Quint, abbesse séculière du
chapitre montois et protectrice de Du Brucq, et
de sa sur Eléonore de France, épouse
de François 1er, appréciant la construction
de la " nouvelle " collégiale.
Cette seconde lecture a conduit certains à considérer
dans le visage du sculpteur s'adressant à la
gouvernante des Pays-Bas un autoportrait de Du Brucq,
mais l'analyse dément formellement cette interprétation,
d'une part, parce que ce type de physionomie est fréquent
dans les uvres du maître montois et, d'autre
part, parce que cette tête est une pièce
de récupération enlevée d'un bas-relief,
qui n'a pas été travaillée pour
être en situation de ronde-bosse.
Le relief de la Construction du Temple constituait sans
doute le retable de l'autel consacré à
sainte Waudru érigé sous une des arcades
du jubé.
Cet
autel est totalement étranger au jubé,
mais son attribution à Du Brucq est confirmée
tant par des sources d'archives que par l'analyse stylistique.
Même si, dans le tableau inférieur représentant
le Repas chez Simon le Lépreux, le rabattement
perspectif de la table et, partant, la disposition étagée
des personnages rappellent des formules gothiques et
constituent un archaïsme déroutant, la finesse
d'exécution et la facture subtile et savante
de ce relief, des quatre Evangélistes, de la
Madeleine, et du Christ jardinier indiquent incontestablement
la main de Du Brucq qui, dans le traitement des
colonnes, s'affirme et s'impose comme ornemaniste. La
Déploration du Christ intégrée
à l'avant de la table d'autel est la réplique
en marbre d'une composition de Germain Pilon (Paris,
1528-1590) dont la présence demeure inexpliquée.
(Michel De Reymaeker - 1992)
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