Les autels conçus par J.Du Broeucq

La Construction du Temple (1542?)
La Construction du Temple (détail) - Du BroeucqLa lecture iconographique de cet autel permet une double interprétation : la première y voit sainte Waudru accompagnée des saintes Aye et Aldegonde visitant le chantier de l'ermitage que lui édifia son parent, saint Hydulphe ; la seconde y décèle une représentation de Marie de Hongrie, sœur de Charles Quint, abbesse séculière du chapitre montois et protectrice de Du Brœucq, et de sa sœur Eléonore de France, épouse de François 1er, appréciant la construction de la " nouvelle " collégiale.
Cette seconde lecture a conduit certains à considérer dans le visage du sculpteur s'adressant à la gouvernante des Pays-Bas un autoportrait de Du Brœucq, mais l'analyse dément formellement cette interprétation, d'une part, parce que ce type de physionomie est fréquent dans les œuvres du maître montois et, d'autre part, parce que cette tête est une pièce de récupération enlevée d'un bas-relief, qui n'a pas été travaillée pour être en situation de ronde-bosse.
Le relief de la Construction du Temple constituait sans doute le retable de l'autel consacré à sainte Waudru érigé sous une des arcades du jubé.

L'Autel de la Madeleine (1550)
Cet autel est totalement étranger au jubé, mais son attribution à Du Brœucq est confirmée tant par des sources d'archives que par l'analyse stylistique. Même si, dans le tableau inférieur représentant le Repas chez Simon le Lépreux, le rabattement perspectif de la table et, partant, la disposition étagée des personnages rappellent des formules gothiques et constituent un archaïsme déroutant, la finesse d'exécution et la facture subtile et savante de ce relief, des quatre Evangélistes, de la Madeleine, et du Christ jardinier indiquent incontestablement la main de Du Brœucq qui, dans le traitement des colonnes, s'affirme et s'impose comme ornemaniste. La Déploration du Christ intégrée à l'avant de la table d'autel est la réplique en marbre d'une composition de Germain Pilon (Paris, 1528-1590) dont la présence demeure inexpliquée.

(Michel De Reymaeker - 1992)

 
 
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