Le triptyque en céramique de Sainte Waudru

Le triptyque de sainte Waudru est l'œuvre de Patrick Brasseur. Il fut le lauréat du concours lancé en 1989 par les autorités religieuses et publiques de la ville de Mons pour célébrer le 13e centenaire de la mort de sainte Waudru. Ce concours était ouvert aux céramistes en vue d'intégrer une œuvre contemporaine dans la collégiale.

Patrick Brasseur reste en dehors des démarches matiéristes ou conceptuelles des céramistes contemporains. Il privilégie de ses attentions les porcelaines du XVIIIe siècle, tout en restant fidèle à la rigueur du Bauhaus.

Le choix du triptyque est délibéré : largement utilisé depuis le début du Moyen-Age, celui-ci constitue un ensemble de panneaux dont la vocation première est de raconter une histoire. En hommage à la sainte, il va parler ici de son histoire, qui se déroule sous nos yeux selon le rite ancien proposé par le triptyque. Celui-ci fermé, un préambule suscite le recueillement. Son ouverture symbolise le saut que l'on effectue dans le temps, un saut de 13 siècles !

Si le triptyque est classique par sa forme, le style de son contenu par contre est résolument contemporain. Cette dualité forme classique / contenu contemporain, a pour but d'éveiller chez le spectateur sa faculté de s'étonner et de s'émouvoir.

Fermé, le triptyque est constitué de pièces de porcelaine tendre émaillée banc satiné assemblées comme une mosaïque dont certaines sont ornées du textes latin que constitue la plus ancienne biographie de la sainte (VIIIe - Ixe siècle). Ils symbolisent l'essentiel de la mémoire que nous avons de Waudru.

Le triptyque ouvert, le vécu fait place à l'écrit, au contenu de sa vie et ses actes glorieux. Les panneaux latéraux sont constitués de 7 pièces de porcelaine colorée se détachant d'un fond de plaques noires et fumées donnant un aspect de roche volcanique et représentant les ténèbres et les 7 péchés capitaux, tentations que la sainte dut affronter durant sa vie. Le panneau central montre la glorification de la sainte, parée d'or, et dans le triangle inférieur - symbolisant la silhouette de la ville - une vue de la collégiale et de ses 4 enfants. Enfin un chapiteau cintré bleu ciel représente la voûte céleste, lieu infini de l'Eternel.

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