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Déjà en 1547, alors que l'église
n'a pas encore de nef complète, le chapitre prend
des dispositions pour la construction de la tour (probablement
non prévue dans le plan initial de 1450) et pour
la façade occidentale dotée d'un grand
portail. Trois experts sont délégués
à Malines
afin d'obtenir un plan de la tour et de la façade
de Saint-Rombaut (l'hypothèse peut être
admise que le plan sur parchemin encore conservé
à Mons et publié à l'échelle
1/1 en 1844, par Renier Chalon est ce document).En effet,
tel que ce projet est présenté, il est
loin de correspondre à l'actuelle situation de
Sainte-Waudru (portail, base de la tour), mais est très
proche de l'édifice malinois dont la flèche
ne fut jamais élevée ; la tour de Saint-Rombaut
avait été commencée en 1452 et,
au XVIe siècle, lorsque les travaux furent interrompus,
elle avait atteint 97 mètres de haut. Les envoyés
du chapitre sont Jean Repu, maître maçon
de Sainte-Waudru ; Jean De Thuin, tailleur d'images
(donc sculpteur) et auteur du jubé avec Jacques
Du Brucq et enfin, Guillaume Le Prince, maître
de carrière d'Ecaussinnes ; ils restent six jours
en mission. Ils se rendent aussi à Louvain (Saint-Pierre
avait été conçu avec trois tours
de façade qui ne seront pas construites), à
Anvers (une des deux tours ne sera jamais achevée)
et de nouveau à Malines, au cours de l'année
1547, ainsi que "aultrez part" en Brabant.
Ces voyages sont vraisemblablement programmés
durant les mois d'hiver, lorsque le chantier de Mons
est mis en sommeil.
Dans
chacune de ces villes, où parfois les accompagne
Eustache Le Prince, fils de Guillaume, ces Montois font
"coppies par patrons" des plans que leurs
homologues brabançons leur permettent de consulter
et c'est Malapert (le propriétaire du Blan Levrié)
qui fournit le velin ou le papier nécessaire
à ces copies. Muni de toutes ces informations,
Jean De Thuin dessina une tour originale, tirant ses
caractéristiques de la synthèse des tours
brabançonnes ; il fit des "platte-formes"
(dessin, plan, élévation) et des "molles
de bois" (gabarits, maquettes) pour les tailleurs
de pierre d'Ecaussinnes dont on sait qu'ils sculptaient
les pierres à la carrière et non sur le
chantier. Ces gabarits et ces maquettes étaient
de belles dimensions, si l'on en croit les documents
capitulaires que L. Devillers a pu consulter. Le bois
fut acheté à Anvers et scié sur
place, puis chargé sur des bateaux qui remontèrent
l'Escaut et la Haine jusqu'à Mons où il
fut transféré en voiture depuis le Rivage
jusqu'à l'église Sainte-Waudru. De Thuin
travaillait donc sur place ; les gabarits furent sans
doute transportés alors à Ecaussinnes
pour servir à la taille et à l'ornementation
des pierres dans la carrière Le Prince.
(Christiane Piérard - 1992)
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