La collégiale
   
Réparations et restaurations

La première intervention sera justifiée par l'incendie du clocheton ou campanile de la croisée lors du siège de 1691 (il sera réparé en 1715).

Le tremblement de terre de 1692 ajoutant aux dégâts précédents, des travaux de restauration s'échelonneront de 1691 à 1696, en divers endroits de l'église. Au cours des sièges de 1709 et de 1746, quelques boulets atteignirent Sainte-Waudru qui subit de nouvelles réparations.

Vers 1775, les meneaux de pierre de la grande fenêtre du croisillon sud furent remplacés à la demande des chanoinesses, à l'affût de matériaux nouveaux, par des meneaux de fer réalisés par le ferronnier du chapitre.
En 1782, les pyramides de pierre surmontant les quatre tourelles angulaires des croisillons sont en si mauvais état qu'elles constituent un danger ; on procède à leur démontage et Ouvertus, architecte du chapitre, les dessine, de même qu'il conçoit des projets de nouveaux porches nord et sud. Il les dessine en néo-gothique avant la lettre, alors que sa formation et ses goûts le portaient à une architecture contemporaine utilisant les ornements à la mode en cette fin du XVIIIe siècle, notamment les fausses concrétions, les guirlandes et nœuds Louis XVI. A ce propos, la fontaine qu'il édifia pour le chapitre à l'intérieur de l'encloître, en 1779, est exemplaire.

Pendant la période révolutionnaire, Sainte-Waudru faillit subir le sort de l'église Saint-Germain (vendue comme bien national et démolie à partir de 1799). Grâce à Germain Hallez, directeur de l'Académie des Beaux-Arts (fondée en 1780 par les Etats de Hainaut et la Ville de Mons), Sainte-Waudru fut sauvée. Le bâtiment servit à divers usages avant d'être rendu au culte en 1802.

Une première restauration générale, qui était une remise en état de " fonctionner ", date du rétablissement du culte en 1802 et, fait significatif, deux des architectes qui y participèrent étaient bien connus au XVIIIe siècle, sous l'Ancien Régime, Ouvertus et De Bettignies, le troisième étant Scarset. Les restaurations et les " embellissements " vont se succéder au XIXe siècle : en 1823, c'est la rénovation du pignon méridional (on met les crochets).

En 1827, après l'effondrement d'une partie du mur de soutènement à l'ouest, le grand escalier est rénové avec l'aide financière de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut. Alors commence la saga de l'escalier : il n'y aura pas moins de neuf projets entre 1837 et 1892 : 1837. Le projet de Hubert fut exécuté en 1896, après la démolition de l'escalier conçu par De Craene et qui n'avait jamais été accepté par les Montois.

L'urbanisation du quartier et la grande restauration de l'église se fit en deux temps au XIXe siècle. Une première phase, à partir de 1849, et la phase définitive, avec l'ouverture de l'ancien encloître, à partir de 1896. Les portails latéraux n'ont pas été terminés, ils sont dans la même situation qu'en 1850.

Au XXe siècle, Sainte-Waudru connut les bombardements de 1940 et une première restauration de sauvegarde aussitôt la guerre terminée. La rénovation complète des maçonneries extérieures, de la toiture, des gables branlants, des gargouilles vacillantes, des verrières échancrées dura huit années, de 1976 à 1984.

(Christiane Piérard - 1992)

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