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C'est en suivant la tradition que Sainte-Waudru fut
édifiée à partir de l'est, du chur,
en 1450. L'ouverture de ce chantier nécessita
la démolition de l'église Saint-Pierre
(entre Saint-Germain et Sainte-Waudru) et celle de l'église
Sainte-Waudru romane ; cette dernière fut démontée
au fur et à mesure de l'avancement des travaux,
le chapitre et les fidèles autorisés à
fréquenter cette église ne se trouvant
jamais privés de leur lieu de culte. Le chapitre
de la Toison d'or tenu à Mons en 1451 déroula
donc ses travaux dans le chur de la vieille église
romane, partiellement démoli à cette époque.
En fait, l'actuelle collégiale est le troisième,
sinon le quatrième édifice du culte bâti
à cet endroit, car on peut conjecturer que le
premier oratoire établi sur la colline était
très petit, conforme à la tradition mérovingienne,
et peut-être en colombages.
Une église plus importante, probablement placée
sous l'invocation de Notre-Dame (il semble normal que
le patronage de Waudru n'ait été accordé
à l'église qu'après la mort de
la sainte éponyme et vraisemblablement lorsque
l'abbaye se transforma en chapitre séculier,
au xiie siècle) fut construite sous le règne
des Baudouin, soit en style carolingien de type impérial
avec un Westbau (comme à Nivelles ou à
Saint-Barthélemy à Liège, suivant
la tradition rhénane et mosane), soit suivant
une mode venue de France, ce qui paraît moins
plausible vu le peu d'influence de l'architecture française
sur le territoire du comté de Hainaut, soit,
plus certainement encore, en style ottonien dont Soignies
offre un bel exemple. Cette hypothèse rhéno-mosane
et ottonienne est étayée, dans la mesure
où ce dessin est fiable, par la représentation
de Sainte-Waudru sur les plans de Mons, publiés
aux XVIe et XVIIe siècles, à la suite
du levé de Jacques de Deventer, s'appuyant parfois
sur des croquis ou des dessins chronologiquement antérieurs.
L'édifice y apparaît avec un chevet à
chapelle en carole, comme l'église commencée
en 1450, mais aussi avec une nef courte, un vaste et
massif Westbau et un clocher-tour à flèche
effilée. Ce pourrait être le " portrait
" du chantier tel qu'il se présentait au
XVIe siècle alors que seuls le chur et
le transept nouveaux existent et que l'ancienne nef
n'est pas encore démolie.
Les chanoinesses, pour justifier la démolition
de l'ancienne église, la qualifiaient, au milieu
du XVe siècle, d'" informe et grossière
" ; il se peut qu'elle ait été construite
entièrement en grès et en rognons de silex
ainsi que les murailles de l'enceinte comtale, la chapelle
et le mur castraux, la chapelle Sainte-Marguerite à
Mons ou encore en moellons comme la collégiale
Saint-Vincent à Soignies, ce qui expliquerait
l'aspect " grossier " de la maçonnerie.
(Christiane Piérard - 1992)
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