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Des armes peuvent combiner toutes sortes de meubles
(animaux, fourrures, armes, objets, croix de formes
diverses, formes géométriques) et de couleurs,
avec ou sans bordure ou orle, avec ou sans brisure (la
brisure est un motif surajouté sur un blason
familial et permettant de le personnaliser).
Ces motifs ornementaux (meubles, pièces honorables)
sont nombreux et variés et presque toujours fortement
stylisés. Il peut s'agir d'un symbole de puissance,
de sagesse ou d'une vertu revendiquée par le
détenteur des armes ou encore d'un motif géométrique,
d'un animal ou d'un objet dont le nom rappelle celui
du seigneur.
Lions,
aigles (à une ou à deux têtes),
huchets (cors stylisés), haches, glaives, fasces,
besants, croix de tous genres, châteaux et tours,
animaux les plus divers (chiens, poissons, ours, chevaux...),
fleurs de différentes formes, armes, étoiles,
monstres imaginaires, une infinité de possibilités
s'offre au concepteur de blason pour exprimer une qualité,
une vertu, une caractéristique de la famille
armoriée. Il faudra cependant qu'il respecte
scrupuleusement les règles très complexes
de la science héraldique.
Un
blason d'homme, guerrier potentiel, est fréquemment
surmonté d'un casque (heaume) lui-même
décoré d'un motif à son sommet
(le cimier) parfois repris des meubles du blason mais
il s'agit très souvent un "simple"
panache de la couleur principale des armoiries, accompagné
d'une cascade de plumets volants (les lambrequins) sur
les côtés du heaume, pouvant descendre
sur les côtés de l'écu. Une épée
peut aussi être dressée derrière
l'écu, manifestant la puissance et le pouvoir
du maître ou de la famille. Divers éléments
peuvent être ajoutés sur les côtés,
à l'extérieur de l'écu : des animaux
ou des personnages présentant les armoiries du
seigneur.
Dans le cas d'une femme, les emblèmes extérieurs
seront plus simples et le blason sera généralement
présenté par un ange (derrière
l'écu) ou deux anges (de part et d'autre).
Un
blason d'ecclésiastique, outre sa forme particulière,
sera présenté par un ou des anges, et
pourra être accompagné des symboles de
la charge ecclésiastique : une crosse et une
mitre pour un évêque, un chapeau d'archevêque
(vert) ou de cardinal (rouge) (chapeau rond à
larges bords, d'où descendent sur les côtés,
un ensemble de cordons reliés entre eux par dix
glands formant triangles, les glands inférieurs
pendant au-dessus du vide, le tout de la couleur du
chapeau ; le même chapeau, vert, mais comptant
seulement six glands, pouvait aussi être arboré
par l'évêque).
Le
collier de la Toison d'Or est omniprésent dans
les verrières du XVIème siècle,
entourant les blasons des seigneurs qui s'enorgueillissent
d'appartenir à l'ordre chevaleresque le plus
prestigieux de l'époque dont le grand maître
est leur suzerain, héritier de la Bourgogne.Les
verrières impériales, outre les devises
des personnages, font apparaître au sommet l'orgueil
de l'héritage bourguignon : la croix écotée
de Bourgogne (deux sarments de vigne croisés
en diagonale) et les briquets de Bourgogne.
Dans
la deuxième verrière impériale,
Maximilien est archiduc d'Autriche : son blason familial
(d'or, à une aigle de sable) est celui de l'archiduc,
avec un aigle héraldique (stylisé) à
une tête. Dans la verrière centrale, ce
même blason présente une aigle à
deux têtes : l'une est celle de l'archiduc, l'autre
celle de l'empereur. Longtemps après Maximilien,
les Habsbourg autrichiens avaient caressé le
rêve de porter aussi le titre mythique de Roi
de Jérusalem, mais cet honneur leur échappa
et l'aigle à trois têtes ne fut jamais
arborée sur un blason..
Le
blason du comte de Horne (verrière de la Visitation)
présente trois huchets qui sont des cors de chasse
(fortement stylisés), des cornes, dont l'embout
est renforcé d'un ou deux anneaux dorés.
En néerlandais et en anglais le terme qui désigne
cet instrument est précisément "horne"
? Il s'agit donc d'un blason parlant.
De même, celui de la famille de Ligne : d'argent
à la bande de gueule (la bande, la barre, le
pal, la fasce sont en fait des lignes relativement épaisses
dont la position ou l'inclinaison sont spécifiques
à leur dénomination.) Il s'agit donc aussi
d'un blason parlant.
(Hervé Lottin - 2003)
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