Le chapitre
   
Les ornements du blason

Des armes peuvent combiner toutes sortes de meubles (animaux, fourrures, armes, objets, croix de formes diverses, formes géométriques) et de couleurs, avec ou sans bordure ou orle, avec ou sans brisure (la brisure est un motif surajouté sur un blason familial et permettant de le personnaliser).

Ces motifs ornementaux (meubles, pièces honorables) sont nombreux et variés et presque toujours fortement stylisés. Il peut s'agir d'un symbole de puissance, de sagesse ou d'une vertu revendiquée par le détenteur des armes ou encore d'un motif géométrique, d'un animal ou d'un objet dont le nom rappelle celui du seigneur.

Comte de Salin. De gueules à deux bars d'argent, accompagnés de six croisettes d'or posées en orle.Lions, aigles (à une ou à deux têtes), huchets (cors stylisés), haches, glaives, fasces, besants, croix de tous genres, châteaux et tours, animaux les plus divers (chiens, poissons, ours, chevaux...), fleurs de différentes formes, armes, étoiles, monstres imaginaires, une infinité de possibilités s'offre au concepteur de blason pour exprimer une qualité, une vertu, une caractéristique de la famille armoriée. Il faudra cependant qu'il respecte scrupuleusement les règles très complexes de la science héraldique.

Philippe de Clèves. Ecartelé. Aux I et IV de gueules à l'escarboucle d'or ; aux II et III d'or à la fasce échiquetée à trois tires de huit points d'argent et de gueules. Brochant  sur le tout un écusson d'or à la fasce de gueules.Un blason d'homme, guerrier potentiel, est fréquemment surmonté d'un casque (heaume) lui-même décoré d'un motif à son sommet (le cimier) parfois repris des meubles du blason mais il s'agit très souvent un "simple" panache de la couleur principale des armoiries, accompagné d'une cascade de plumets volants (les lambrequins) sur les côtés du heaume, pouvant descendre sur les côtés de l'écu. Une épée peut aussi être dressée derrière l'écu, manifestant la puissance et le pouvoir du maître ou de la famille. Divers éléments peuvent être ajoutés sur les côtés, à l'extérieur de l'écu : des animaux ou des personnages présentant les armoiries du seigneur.

Dans le cas d'une femme, les emblèmes extérieurs seront plus simples et le blason sera généralement présenté par un ange (derrière l'écu) ou deux anges (de part et d'autre).

 

Archevêque de Palerme Jean de Carondelet. Ecartelé. Aux I et IV de gueules à une aigle bicéphale d'or armée et lampassée d'azur ; au II et III d'azur à la bande d'or accompagnée de 6 besants du même posés en orle.Un blason d'ecclésiastique, outre sa forme particulière, sera présenté par un ou des anges, et pourra être accompagné des symboles de la charge ecclésiastique : une crosse et une mitre pour un évêque, un chapeau d'archevêque (vert) ou de cardinal (rouge) (chapeau rond à larges bords, d'où descendent sur les côtés, un ensemble de cordons reliés entre eux par dix glands formant triangles, les glands inférieurs pendant au-dessus du vide, le tout de la couleur du chapeau ; le même chapeau, vert, mais comptant seulement six glands, pouvait aussi être arboré par l'évêque).

 

 


Le collier de la Toison d'Or est omniprésent dans les verrières du XVIème siècle, entourant les blasons des seigneurs qui s'enorgueillissent d'appartenir à l'ordre chevaleresque le plus prestigieux de l'époque dont le grand maître est leur suzerain, héritier de la Bourgogne.Les verrières impériales, outre les devises des personnages, font apparaître au sommet l'orgueil de l'héritage bourguignon : la croix écotée de Bourgogne (deux sarments de vigne croisés en diagonale) et les briquets de Bourgogne.

 

Dans la deuxième verrière impériale, Maximilien est archiduc d'Autriche : son blason familial (d'or, à une aigle de sable) est celui de l'archiduc, avec un aigle héraldique (stylisé) à une tête. Dans la verrière centrale, ce même blason présente une aigle à deux têtes : l'une est celle de l'archiduc, l'autre celle de l'empereur. Longtemps après Maximilien, les Habsbourg autrichiens avaient caressé le rêve de porter aussi le titre mythique de Roi de Jérusalem, mais cet honneur leur échappa et l'aigle à trois têtes ne fut jamais arborée sur un blason..

 

 

 

 

Le blason du comte de Horne (verrière de la Visitation) présente trois huchets qui sont des cors de chasse (fortement stylisés), des cornes, dont l'embout est renforcé d'un ou deux anneaux dorés. En néerlandais et en anglais le terme qui désigne cet instrument est précisément "horne" ? Il s'agit donc d'un blason parlant.

 

 

De même, celui de la famille de Ligne : d'argent à la bande de gueule (la bande, la barre, le pal, la fasce sont en fait des lignes relativement épaisses dont la position ou l'inclinaison sont spécifiques à leur dénomination.) Il s'agit donc aussi d'un blason parlant.

(Hervé Lottin - 2003)

Retour à l'accueil