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L'institution capitulaire qui s'est greffée
sur l'établissement fondé par Waudru a,
comme les constructions, sensiblement évolué
au cours du temps. Le chapitre, en tant qu'institution,
s'est peu à peu sécularisé, la
sécularisation étant acquise définitivement
dès les XIIe-XIIIe siècles.
Cette évolution est, pour une part, la conséquence,
et cela, dès le Xe siècle, de la mainmise
du pouvoir civil sur les monastères. Ceux-ci
avaient, pour la plupart, été créés
dès le VIIe siècle par l'aristocratie
qui les avait dotés d'un important patrimoine.
Mais, dès le Xe siècle, les autorités
civiles, comtes locaux aussi bien que souverains, s'efforcèrent
de récupérer ces formidables richesses
matérielles. Au Traité de Meersen (870),
les successeurs de Charlemagne se répartiront
les abbayes dites royales disséminées
sur leurs terres. Le monastère de Mons ne figure
pas sur la liste. Il n'empêche que les comtes
de Hainaut se sont arrogé ou se sont vu conférer
le titre et la qualité d'abbé laïc
et de haut avoué de l'institution montoise.
On
notera que les successeurs des comtes, les souverains
des Pays-Bas, tels Charles Quint et les archiducs Albert
et Isabelle, continueront à se prévaloir
de ce titre et prêteront serment en cette qualité.
On comprend dès lors que le vitrail surmontant
l'autel principal de la collégiale gothique porte
les armoiries de Charles Quint.
Du point de vue religieux, la communauté restait
soumise à l'autorité disciplinaire, sinon
de l'abbesse (la qualification s'estompe rapidement),
du moins des doyennes qui constituaient le collège
des quatre aînées.
(Jean dupont - 1992)
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