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Sainte
Waudru a été très souvent
représentée en mère de famille.
Mais les artistes ont le plus fréquemment
privilégié les scènes la
montrant avec ses deux filles, Aldetrude et Madelberte.
Ainsi, sur cent cinquante représentations
recensées entre le XVe et le XXe siècles,
une bonne soixantaine mettent en scène
le trio. C'est donc le modèle maternel
qui domine. La filiation spirituelle de Waudru
se fait par les femmes : après avoir donné
naissance à ses filles, elle a suscité
les vocations des moniales qui l'entourèrent,
puis celles des chanoinesses du chapitre noble.
On la voit également implorée par
des fidèles qui sollicitent son intercession,
ou encore faisant l'aumône aux pauvres.
Plusieurs tableaux de ce style sont conservés
à la collégiale, avec la référence
à certains miracles obtenus par son intercession
: cinq de ceux-ci sont d'ailleurs lus au cours
de la procession du Car d'Or. Mais la Waudru charitable
n'était-elle pas destinée à
donner bonne conscience aux dames du chapitre
qui menaient parfois une vie peu conforme à
l'idéal chrétien ?
Les institutions, enfin, se sont souvent intéressées
à Waudru, la rattachant, comme d'autres
saints d'ailleurs, à une maison princière
ou royale. L'exemple le plus pertinent de cette
pratique est le panneau du XVIe siècle
conservé dans la chapelle qui abrite le
reliquaire du Chef, à la collégiale.
La sainte y est représentée avec
son "parentage" : cinquante-huit personnes
munies de blasons et légendes explicatives.
Et l'artiste l'a notamment apparentée à
Charles Martel, Pépin le Bref ou Charlemagne...
Par ailleurs, Waudru a souvent été
qualifiée, abusivement, de comtesse de
Hainaut et de fondatrice de la ville de Mons.
Fondatrice, Waudru ne le fut pas : la colline
sur laquelle elle avait établi son oratoire
primitif se développa essentiellement grâce
aux comtes de Hainaut qui, deux siècles
plus tard, allaient s'installer au sommet de la
butte et fortifier l'endroit. Il est donc plus
exact de dire que Waudru fut à l'origine
du développement de la future ville de
Mons. C'est pourquoi, il peut être dit que
sans Waudru, Mons ne serait pas ce qu'elle est.
(H. Wattiez et E.Liénard
- 1992)
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